Trois questions à Geert Noels
13/04/2009
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Tout le monde connaît Geert Noels, c’est l’un de nos plus brillants économistes, ses exposés, ses prises de position dans les médias et ses chroniques hebdomadaires dans Trends-Tendances, en font l’un des meilleurs commentateurs de la vie économique belge. La direction de l’IEC l’a rencontré.
IEC : La crise financière est-elle derrière nous ou devons-nous nous attendre à quelques mauvaises surprises ?
Geert Noels : Disons que la crise vient en plusieurs vagues. Il y a une vague financière et une vague économique et la crise économique est venue clairement après la crise financière. Aujourd’hui, on parle plus de la deuxième vague des opérations de sauvetage des banques. Il est vrai qu’on a eu une première grande vague de très mauvaises nouvelles. Ça se voyait au niveau des indicateurs économiques de la plupart des sociétés. La deuxième vague des opérations de sauvetage pourrait être suivie d’une période de calme relatif. Mais les banques n’ont jamais commencé une période de ralentissement économique avec une situation aussi fragile et c’est cela qui rend aujourd’hui la durabilité de la reprise économique aussi fragile.
IEC : A-t-on une idée de la date de sortie de crise ? Certains évoquent l’année 2010 et d’autres carrément 2011 ?
Geert Noels : A vrai dire, personne ne le sait. Parce qu’on peut avoir une crise prolongée mais moins profonde. Ou on peut avoir une crise profonde de courte durée et qui sera suivie d’une reprise plus fondamentale. Je crois que le fait de nier les problèmes, ce que les politiciens préfèrent faire souvent en tentant d’adoucir le choc, peut fortement prolonger la période de crise. On peut également assister à une reprise de style accordéon. C’est un peu comparable à un embouteillage : il y a des moments où le trafic semble enfin normal mais qui sont suivis par de nouveaux ralentissements. C’est réparti en étapes. On est toujours dans l’embouteillage – toujours en quasi récession/ralentissement – mais avec des périodes où les sociétés reprennent un peu. Parce que les inventaires sont très bas où parce qu’il y un peu de reprise des demandes suite à tel ou tel phénomène. Mais je crois que l’on est quand même parti pour une période assez longue de croissance très, très lente.
IEC : Est-ce que la Belgique est encore plus touchée que les autres pays ? On a beaucoup parlé de l’Islande, mais les actifs de Fortis sont plus grands que le PIB belge. Autrement dit, est-ce qu’on n’est pas davantage touché ?
Geert Noels : Visiblement on est moins touché que l’Islande, l’Irlande, l’Angleterre, le Portugal, l’Espagne ou la Grèce. En tout cas, jusqu’à présent. Mais on est dans une deuxième catégorie avec les Pays-Bas, la Suisse et l’Allemagne où effectivement les problèmes bancaires sont très importants par rapport à la taille du pays mais où on a quand même pu stabiliser la situation. Mathématiquement, selon les ratios, la Belgique est fragile au niveau de la taille du pays et du secteur financier, mais c’est également le cas pour un pays comme la Suisse ou les Pays-Bas.
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